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 le cahier rouge du Pére Joseph - roman - I

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r.n.rodr
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MessageSujet: le cahier rouge du Pére Joseph - roman - I   Ven 16 Juil - 10:18

Ma vie a toujours été difficile et compliquée.
Je ne connu pas mes parents, j'ai été élevé pour servir une madame que j'appelais Tante Marta. Elle me disait qu’elle était la soeur de ma mère, certifiant que celle-ci était morte dans un accident de voiture, accompagné de mon père.
J’avais alors cinq ans.
Je me souvenais bien : Nous habitions dans un faubourg loin, très loin du centre de la ville. Un lieu appelé Mojó, dans une cabane faite de paille et terre battue, qu'elle et mon père avaient fait au bord d'un champ, derrière des marais qui serpentaient un fleuve d'eau salé. Nous n'avions aucuns voisins.
Nous étions très pauvres. Pour survivre, ma Tante faisait du charbon que nous coupions dans les marais et moi j'allais le vendre dans le marché du quartier, bien loin - presque deux heures à pied.
Tante Marta n'avait plus de mari, il était mort victime d'un coup de tonnerre quand il pêchait dans le fleuve lors d’un jour où la pluie tombait drue. Je ne l'ai pas connu - ma Tante, qui me racontait avec des yeux pleins de larmes, cette histoire, se plaignait de ne pas avoir eu d’enfant.
C’était une femme très laide, grosse, extrêmement fâchée et toujours avec un foulard enroulé autour du cou, sali par la suie du charbon. Ses cheveux blancs étaient couverts par un bonnet de femme, sans couleur. Sa pipe en terre cuite tenait fébrilement entre ses dents craquelés, pourries. Elle agonisait à chaque chose nouvelle qu’elle faisait. Je me souviens même que la sueur qu’elle exhalait, lorsque nous mangions, tombait dans son assiette pleine de nourriture tandis qu’elle prenait une gorgée d’eau de vie.
Quant à moi, j'étais petit et je travaillais déjà comme un adulte. Je ne dormais pas bien car dès l'aube je devais me lever pour regarder si le feu où le charbon brûlait ne s’éteignait pas. Dès cinq heures du matin, j’étais en train de tirer le charbon, un travail très dangereux effectivement, la chaleur que dégageait le feu était insupportable. J’étais avec une pelle pour séparé le charbon et la terre. Mais même lorsque j’étais très soigneux, je me brûlais encore. Quand j’avais fini, je retournais à notre humble et sale cabane et je mangeais un pain dur et sec que je prenais dans les ordures.
Ma Tante était toujours fâchée en mettant le vieille théière sur la rustique table de bois noire de graisse tandis qu’elle marmonnait avec la pipe enfoncé dans la bouche. Jusqu’à ce qu’elle me crie :
- Joseph, tu vas vendre le charbon et après joindre les restes de légumes et verdures dans la poubelle – disait-elle le jour où j'allais à la petite ville.
- Oui, ma tante - répondais-je une énième fois, la bouche pleine de pain dur.
- Eh ! Tu n'oublie pas d’acheter des os, le litre d'eau-de-vie, une boîte d’allumettes, mon tabac, un peu de beurre et une aiguille pour que je puisse recoudre tes vêtements tous déchirés ! Entends-tu ? hurlait-elle avec la grande cuillère de bois dans la main et un regard furieux.
Je ne pourrais rien oublier, comme à chaque fois, car ce n’était pas la première fois que j’allais en ville, j’y retournais.
Je finissais vite et je courais pour charger la brouette de charbon avec les sacs.
Alors avec beaucoup de soin, j'allais à la petite ville jusqu'à la foire.


Seconde nouvelle (suite) :


J'arrivais dans le milieu de l'après-midi, très fatigué, avec la brouette chargée de nourritures que je trouvais dans la poubelle de la foire avec les fournitures achetées en course. Elle m'attendait, assise sur le banc de bois devant la porte de la terrasse où l'ombre d'un manguier touffu étendait sa forme, fumant sa pipe avec un verre plein d'eau-de-vie à la main.
Je m'arrêtais devant elle et tirais la nourriture pour la séparer pour les installer dans la cabane à cet effet. Les mouches volaient déjà sur les fournitures et l'odeur pestilentielle était horrible.
Quand je finissais cette tâche, je donnais à ma Tante ce qui restait comme argent, elle le prenait avidement et le gardé, en sécurité, dans son soutien-gorge.
Ce faisant, j'allais jeter le maïs pour les poulets qui caquetaient dans le fond de la cour
Alors, étant déjà bien saoule, marmonnant toujours entre ses dents tandis qu’elle se levait, ma Tante rentrait dans la cabane pour préparer un soupe dans un chaudron de fers fondu, déjà salé, et qui avait prit une couleur noir à cause de la fumée. Elle le mettait ensuite sur trois grandes pierres dans le coin et la bûche brûlait.
On allait manger à quatre heures de l'après-midi, l'unique moment de la journée où nous mangions, cependant le dîner était toujours un gros bouillon…
Ensuite, nous allions couper le charbon dans les marais au le bord du fleuve.
Quand nous finissions, nous rentrions par le cabane et alors, enfin, j'allais me laver dans un puits dans le milieu du champs sombre, un peu plus loin que la cabane.
Il faisait déjà nuit, les chants des crapauds et des grillons tintaient à mes oreilles.
J'avais énormément peur des serpents. Avec la veilleuse à kérosène pour épouvanter les moustiques je me sentais un peu mieux.
Ma tante assise sur le banc en fumant et en buvant, le brassier allumé illuminant la terrasse criait toujours :
- Joseph, viens ici que je t’épouille ! hurlait-elle avec sa voix pâteuse et saoule.
J'allais m'asseoir entre ses jambes sales, et pendant qu’elle m’enlevait les poux qui proliféraient dans ma chevelure, je sommeillais un peu jusqu'a nous rentrions pour nous coucher dans nos matelas improvisées de paille, posés à même le sol.
Elle éteignait la veilleuse et la cabane restait sombre tout le reste de la nuit.

J’étais alors trop fatigué, désormais il fallait dormir pour recommencer le lendemain.

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Wiika

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MessageSujet: Re: le cahier rouge du Pére Joseph - roman - I   Ven 21 Jan - 4:00

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